Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau sur tomates : la bonne dose et comment l’appliquer

Pour traiter des tomates contre le mildiou, le dosage courant de bouillie bordelaise est de 6 à 6,25 g par litre d’eau, soit environ 60 à 62,5 g pour 10 litres. Ce repère s’applique aux formulations standard à 20 % de sulfate de cuivre. Mais chaque produit commercialisé peut avoir une concentration différente : l’étiquette fabricant est toujours prioritaire sur toute indication générale. Voici comment préparer la solution, quand traiter et quelles erreurs éviter.
Dosage bouillie bordelaise tomate : les repères selon l’usage 🌿
La dose de bouillie bordelaise pour les tomates varie légèrement selon le contexte (traitement préventif de routine ou situation à risque élevé) et la formulation du produit.
En règle générale, on retient :
- Traitement préventif courant : 5 à 6 g par litre d’eau
- Risque élevé (temps humide, période chaude et pluvieuse) : 6 à 6,25 g par litre
- Dilution maximale conseillée pour les jeunes plants : rester sous les 5 g/L pour éviter les brûlures foliaires
| Situation | Dose indicative | Moment conseillé | Précaution |
|---|---|---|---|
| Prévention mildiou temps normal | 5 à 6 g / litre | Matin ou soir, temps sec | Respecter la notice produit |
| Risque élevé (temps humide) | 6 à 6,25 g / litre | Avant une séquence sèche | Ne pas traiter avant pluie |
| Jeunes plants ou feuillage sensible | 4 à 5 g / litre | Matin, hors chaleur | Risque de brûlure à forte dose |
| Traitement curatif (symptômes visibles) | Efficacité limitée | Dès les premiers signes | Retirer feuilles malades avant |
Ces doses indicatives ne dispensent pas de lire la notice du produit acheté. Un produit concentré à 40 % de cuivre métal nécessitera une dilution deux fois moindre qu’un produit à 20 % : le dosage bouillie bordelaise tomate n’est pas universel.
Comment préparer la bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau
La préparation est simple mais doit être réalisée dans le bon ordre pour éviter les grumeaux et garantir l’homogénéité de la solution.
Matériel nécessaire : un pulvérisateur propre, une balance ou une cuillère-mesure, des gants imperméables, des lunettes de protection, un masque si vous traitez en espace confiné.
Étapes de préparation :
- Verser d’abord l’eau dans le pulvérisateur — jamais la poudre en premier.
- Ajouter la dose pesée de bouillie bordelaise (6 g pour un traitement standard au litre).
- Agiter vigoureusement pendant 30 à 60 secondes.
- Compléter au volume final si besoin, puis agiter à nouveau.
- Pulvériser immédiatement : la solution ne se conserve pas. Ne jamais préparer la veille ou laisser reposer plusieurs heures dans le pulvérisateur.
Ne jamais mélanger la bouillie bordelaise avec un autre produit phytosanitaire sans avoir vérifié la compatibilité. Beaucoup d’associations dégradent l’efficacité ou augmentent la phytotoxicité.
La bouillie bordelaise agit surtout en prévention du mildiou, pas en curatif
C’est l’erreur de compréhension la plus fréquente : le traitement tomates à base de cuivre ne guérit pas un plant déjà gravement atteint. Il forme un film protecteur sur les feuilles qui empêche les spores de Phytophthora infestans de germer.
Un plant dont les feuilles présentent des taches brunes-huileuses avec duvet blanc en dessous est déjà contaminé. La pulvérisation tomate peut alors ralentir la propagation vers les feuilles saines et les fruits en formation, mais elle ne fera pas disparaître les lésions existantes.
La bouillie bordelaise est donc un outil de prévention à intégrer dans un programme régulier, pas un remède de dernière minute sorti lors de la première alerte.
Quand traiter les tomates avec de la bouillie bordelaise
Le bon timing conditionne l’efficacité du traitement autant que la dose.
Commencer les traitements avant l’apparition du mildiou, dès que les conditions climatiques deviennent favorables à la maladie : températures entre 10 et 25 °C, humidité élevée, nuits fraîches suivies de journées chaudes. En France, la période critique s’étend de juin à septembre selon les régions.
Traiter le matin ou en fin d’après-midi, jamais en plein soleil : le soleil accélère le séchage irrégulier du cuivre sur les feuilles de tomate et augmente le risque de brûlures.
Ne jamais traiter juste avant la pluie : la pluie lessive la bouillie bordelaise avant qu’elle ait eu le temps de former son film protecteur. Prévoir au minimum 24 heures sans pluie après la pulvérisation.
Espacer les traitements d’au moins 8 à 10 jours. Un traitement trop fréquent n’améliore pas l’efficacité et accélère l’accumulation de cuivre dans le sol.
Respecter le délai avant récolte (DAR) indiqué sur la notice du produit — généralement 3 à 7 jours selon les formulations. Ce délai est réglementaire et garantit l’absence de résidu sur les fruits consommés.
Précautions indispensables lors de la pulvérisation
La bouillie bordelaise est autorisée en agriculture biologique mais elle n’est pas anodine. Le cuivre est un métal lourd, écotoxique pour les vers de terre et la vie microbienne du sol à forte accumulation.
Porter des équipements de protection : gants imperméables, lunettes, vêtements couvrants. Éviter d’inhaler les gouttelettes pendant la pulvérisation en portant un masque FFP2 si nécessaire.
Ne pas traiter par vent : la dérive de la solution peut atteindre des cultures voisines, des ruches, des plans d’eau ou des personnes à proximité.
Ne pas surdoser : le surdosage bouillie bordelaise ne protège pas mieux et brûle les feuilles, réduisant la surface photosynthétique utile. Une feuille brûlée affaiblit le plant et l’expose davantage aux maladies.
Rincer le pulvérisateur après usage, puis vider et nettoyer le réservoir à l’eau claire. Ne jamais vider la solution restante dans un cours d’eau, un fossé ou une bouche d’égout.
Risques liés au cuivre au potager : accumulation et impact environnemental
L’usage répété de sulfate de cuivre sur le même sol entraîne une accumulation progressive. Le cuivre au potager se lie aux argiles et à la matière organique et se dégrade très lentement : il persiste pendant des décennies dans les couches superficielles du sol.
À forte concentration, le cuivre inhibe l’activité des vers de terre, des champignons mycorhiziens et de nombreux micro-organismes bénéfiques — les mêmes qui contribuent à la fertilité naturelle du sol.
Pour limiter cet impact : alterner avec d’autres méthodes de protection (décoction de prêle, aération, sélection variétale résistante), ne traiter que lorsque le risque de mildiou est avéré, et privilégier les doses les plus faibles possibles.
Erreurs fréquentes à éviter avec la bouillie bordelaise sur tomates
Doser au hasard sans peser : une cuillère à soupe de bouillie bordelaise ne pèse pas 6 g — selon la densité du produit, elle peut en contenir 10 à 15. Une balance de cuisine est indispensable.
Préparer la solution à l’avance : le mélange se dégrade rapidement et perd en efficacité. Préparer uniquement la quantité nécessaire pour la séance du jour.
Traiter des feuilles mouillées : la solution ne fixe pas correctement sur un feuillage encore humide de rosée ou de pluie. Attendre que les feuilles de tomate soient bien sèches.
Appliquer juste avant un orage annoncé : tout le traitement sera lessivé avant d’avoir formé un film protecteur. Consulter la météo avant chaque traitement.
Traiter des plants déjà très atteints sans retirer les parties malades : pulvériser sur du feuillage nécrosé n’a aucun effet protecteur. Retirer et éliminer (pas au compost) les feuilles et tiges contaminées avant de traiter.
Bonnes pratiques culturales pour réduire le besoin de traitement
La bouillie bordelaise est plus efficace quand elle vient compléter de bonnes pratiques au potager, pas les remplacer.
Espacer suffisamment les plants de tomates (au moins 60 à 80 cm entre chaque) pour favoriser la circulation de l’air et limiter l’humidité ambiante autour du feuillage.
Arroser au pied, jamais par aspersion sur les feuilles. L’eau sur le feuillage est l’un des premiers facteurs déclenchants du mildiou.
Pailler le sol autour des plants pour éviter les éclaboussures de terre (vecteur de spores) lors de l’arrosage ou de la pluie.
Retirer régulièrement les feuilles basses qui touchent le sol ou présentent les premiers signes de jaunissement : elles sont les premières à être contaminées.
Choisir des variétés résistantes si le mildiou est chronique dans votre jardin : certaines variétés modernes (Defiant, Mountain Magic, Fantasio) offrent une tolérance partielle qui réduit significativement le besoin de traitement au cuivre.
